Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

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Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Florent le Jeu 23 Mar - 16:54

Hello,
Nouvelle campagne, nouveau sujet !
Je préfère en effet ouvrir un nouveau fil dédié, pour en parler, pour présenter vos persos, faire des résumés, et éventuellement débattre de la suite sans polluer whatsapp.
Et pour le nom, ben... J'ai hésité à vous le donner et puis finalement je me suis dit que vous donner le titre de la campagne ne spoile rien du tout.

Florent

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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Gautier le Mar 28 Mar - 10:34

Hello,
Voici une présentation de mademoiselle Jonhson que je vais jouer pour cette campagne.

"Depuis toute petite j’ai toujours su que nous n’étions pas seuls et qu’il existait bien plus que ce qui est visible. J’ai passé une grande partie de mon enfance dans des bibliothèques à apprendre le plus possible sur le sujet.
C’est tout naturellement que mes études ont porté sur des sujets reliés à notre monde tel que l’astronomie, l’histoire, l’anthropologie mais aussi sur des sujets plus spirituels tel que l’hypnose ou l’occultisme. Ces derniers domaines étant bien plus palpitants et ayant de loin mes préférences.
Pour subvenir à mes besoins j’ai monté un petit commerce de voyance à New York. Et bien que ce ne soit que fadaise et mise en scène je m’étonne parfois encore de l’exactitude de certaines prédictions. Malgré l’animosité que peut avoir ce genre de commerce j’ai rapidement fait fortune et acquis une certaine renommée tant à New York qu’à l’étranger. Ayant économisé assez d’argent, j’ai décidé qu’il était temps d’aller visiter d’autres contrés et de rencontrer de nouveaux visages.
J’ai donc pris le bateau pour m’installer à Londres, ville bien plus ancienne où je suis sûre je trouverai bien des choses intéressantes à faire et à apprendre sur le monde des esprits."




Gautier

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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Pierre-Alain le Jeu 30 Mar - 11:24

Hello,

Voici la présentation de mon perso:

Melvin Porter est né à Londres, dans une famille d'artistes relativement modeste. Ayant baigné dans cet environnement d'artistes, il a lui même pratiqué la peinture et la sculpture mais sans jamais vraiment se distinguer par ses créations. Tirant parti de son réseau, il s'est dirigé vers la revente d'objets d'arts et a ouvert un magasin à Londres. Cette activité a eu un succès significatif, et a amener Melvin à voyager a travers le monde pour dénicher les plus belles œuvres. Il a acquis une bonne renommée et compte de nombreux clients fidèles.
Du côté de sa personnalité, Il a un tempérament plutôt rêveur. Il s'intéresse à l'occultisme en générale mais il est particulièrement attiré par la voyance et est régulièrement en quiète de consulter les meilleurs voyants.

Pierre-Alain

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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Romuald S le Mar 11 Avr - 12:13

Doreen DangerField est née à Ivybridge, d'une mère qu'elle n'a jamais connue : elle est morte en couche. Fille unique, elle a été le seul support et la seule aide de son père pour faire tourner la ferme familliale.
A ses 19 ans, son père est décédé suite à un accident agricole. En état de faiblesse, et dans le besoin, elle a revendu la ferme et le grand domaine familial à un prix dérisoire à son voisin qui n'a pas manqué d'en profiter. L'argent qu'elle a récupéré lui a cependant permis de rejoindre Londres et d'y acheter un tout petit studio. Sa jovialité lui a attiré la sympathie de sa voisine du dessus, Judith Steward. Cette dernière décida de la prendre sous son aile et lui appris son métier d'infirmière. Doreen s'est avéré avoir des dons pour ce métier. Cependant, les hôpitaux n'ont pas voulu d'une infirmière sans diplôme ni référence. Elle est donc tournée vers le métier d'infirmière à domicile, en utilisant le réseau de Judith. C'est ainsi qu'elle s'est retrouvé à s'occuper de Cecil Mortimer

Romuald S

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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Florent le Mar 11 Avr - 21:23

Tiens une question au passage : qui parmi vous a regardé la première saison de la série True Detective ?

Florent

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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Julien L le Lun 17 Avr - 20:22

Moi !

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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Julien L le Mar 18 Avr - 2:16

Cecil Mortimer est aujourd’hui un psychiatre renommé, un aliéniste œuvrant au sein du Bethlem Royal Hospital de Londres.

Malingre, un peu niais, il a passé son enfance sous les coups de ses frères et les brimades de ses camarades.
Il ne pouvait compter que sur son père. C’est à lui qu’il doit ses premiers vrais livres, et les seuls véritables moments de bonheur de son enfance : autour du jeu d’échec familial.
Mais sa mère, partie trop tôt, laissa derrière elle son mari vieillissant avec quatre bouches à nourrir. Aussi, dès qu’il le put, il quitta le domicile familial pour une pension dans une université Londonienne. Celle ci ne lui fut pas d’une grande aide, mais lui ouvrit les portes du plus grand hôpital psychiatrique d’Angleterre.

Il y entra comme laborantin, mais développa rapidement un goût très prononcé pour l’étude de l’esprit humain, et l’effet des drogues sur celui-ci. Il parvint, non sans mal, à assister les psychologues les plus intéressés aux effets des amphétamines, sur leurs patients ou sur eux-mêmes. Son goût pour la discipline, et le recours au chantage parfois, l’aida à obtenir le diplôme lui permettant de conduire ses propres entretiens.
C’est à l’occasion de la remise de son diplôme que Cecil reçut de son père une sacoche de médecin. C’était la dernière fois qu’il le vit, le vieil homme mourant peu après. Il tient à cette sacoche comme à la prunelle de ses yeux.

Ouvert et avenant, il sait mettre les gens à l'aise, ce qui les aident à s'ouvrir et lui permet de bien faire son travail : définir un profil psychologique en fonction de critères factuels. Il a pour mentor Sigmund Freud, dont les écrits comme Au-delà du principe de plaisir ont chamboulé sa vision de l’esprit humain.
Sa grande connaissance des recettes pharmacologiques lui permet d’avoir parfois recours aux drogues pour obtenir ce qu’il veut des patients. Ceci explique ses succès dans sa profession, et aussi les félicitations des administrateurs de l’Hôpital, mais lui vaut également la défiance de ses collègues.
Il fait usage de ses recettes sur lui même, ce qui lui a notamment causé un accident le laissant diminué, mais pas assez pour ne plus pouvoir s’en injecter régulièrement, renouvelant à chaque fois un plaisir qu’il ne trouve que comme ça. Profondément athée, c’est sa façon à lui, pratique et immédiate, de dépasser sa condition humaine.

Perdu entre son travail et sa drogue, il n’a que peu de relations avec ses collègues, et presque aucunes en dehors. Il ne fréquente guère que son infirmière personnelle, qu’il remplace sitôt que celle ci commence à prendre ses aises avec lui.
Cecil s’intéresse à l’art, mais un art particulier, torturé, un art que d’aucun pourrait trouver douteux. Aussi est-il réservé sur ses goûts en la matière.
Bien qu’il n’ait pas de famille autour de lui, Cecil considère aujourd’hui qu’il a réussit sa vie. Sa maison de ville, aussi vide soit-elle, cache aux regards des extraits de la beauté du monde, et pour les activités sociales, il peut toujours se faire conduire en ville grâce à sa voiture personnelle.

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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Julien L le Jeu 20 Avr - 1:56

Jeudi 17 Octobre 1928

Mme Stuart a encore fait sous elle pendant notre entretien. Comme elle reste aphone et distante, je me dois de considérer ce comportement comme une manifestation de sa volonté, un refus de coopérer. Lorsque, en rage, j’ai appelé les infirmières pour me débarrasser d’elle et faire nettoyer sa souillure, elle m’a adressé un regard que je n’ai pu déchiffrer. C’est le seul véritable contact que nous ayons eu aujourd’hui. Ses barbituriques seront encore pour ma réserve personnelle, elle n’en a pas besoin dans son état.
L’administrateur Hayes est de nouveau venu me voir à propos des stocks de la pharmacie, et de mes prescriptions. Rien que je ne puisse justifier.
Bref, une autre journée à l’hôpital.
La soirée, elle, a été intéressante.

Je ne sais pas ce qui m’a pris de maintenir ma sortie malgré ce froid et ces nuages. J’imagine que c’était aussi pour la sortir, elle.
Il y a longtemps maintenant que j’ai découvert dans Charlotte Street ce petit théâtre , le Scala . Les troupes qui s’y produisent ne valent en général pas grand chose, mais j’ai pris l’habitude de m’enquérir de sa programmation. Et ce soir se jouait “Carcosa”.
Arrivé peu après 21h avec Mlle Dangerfield, j’ai été étonné de voir devant le théâtre une foule hétéroclite, attendant l’ouverture de la salle dans un silence relatif.
J’y ai retrouvé Porter, le marchand d’art, accompagné d’une délicieuse créature dont j’ai oublié le nom. Le bougre semblait dans son élément. On aurait dit qu’il connaissait tout le monde autour de lui ! Nous avons fait passer le temps en discutant de ses dernières trouvailles, si bien que c’est à peine si j’ai remarqué que la pièce a commencé un peu en retard.
Nous nous sommes installés devant la scène, près de l'allée centrale.

Ça a débuté par une histoire de succession de famille, sans nom ni prénom m’a-t-il semblé. Puis est venue la lecture, par une femme - la reine Cassilda, d’un rapport de guerre. Ce sur quoi est apparu un enfant qui lui a parlé de Carcosa, une ville singulière et étrange.
J’ai senti plus que je n’ai vu Doreen s’endormir. Je me suis permis de la réveiller. S’il est vrai que le rythme de la pièce était difficile à suivre à une heure où elle a l’habitude d’aller se coucher, je trouvais dans ces premières scènes une sorte de beauté à laquelle j’aurai aimé qu’elle reste attentive. Mais c’était beaucoup lui demander.
Là est entré en scène un prêtre. Il s’est adressé à la reine pour lui annoncer l’arrivée en ville d’un étranger. Celui-ci, masqué de blanc, est entré à son tour.
Alors que la reine, ignorant ce personnage, évoquait ses enfants dans un soliloque, ceux-ci apparurent tour à tour à la mention de leur prénom.
Je ne sais pas si c’est cette famille, réunie devant nous dans une sorte de douleur, ou les lamentations de la femme à propos du Signe Jaune, ou encore le silence chez les spectateurs, mais j’ai ressenti une tension, un malaise, comme en prélude à une catastrophe.
Là, l’étranger, que j’avais oublié, s’est approché de nous, jusqu’au bord de la scène. Nous faisant face, il a levé les bras, révélant le Signe Jaune peint sur sa poitrine.
S’en sont suivi des cris et des pleurs dans le public, s’ajoutant à mon propre mal-être.

Alors que les lumières s’allumaient dans la salle, marquant le début de l’entracte, je me suis fait la réflexion qu’elle était la bienvenue pour les personnes les plus sujettes à l’anxiété. Était-ce prévu ? J’étais curieux de savoir si l’impact psychologique était connu de la troupe, du metteur en scène ou du régisseur.
Au moment de nous lever pour nous arracher à l’inconfort de nos sièges miteux, deux hommes installés près de nous ont commencé à exprimer assez fortement leur mécontentement sur la forme artistique de la pièce. Ils n’étaient pas les seuls : autour de nous plusieurs voix s’élevaient. Je me suis opposé à eux : comment ne pas être sensible aux émotions dégagées, et que dire de l’impact dans le public ? Les deux hommes ont fini par se présenter, l’un comme étant Johann Mc Morian, critique littéraire pour un journal connu, l'autre comme dilettante.
Pendant que nous échangions nos ressentis avec nos voisins, mon infirmière s'est éloignée. Elle m’a rapporté ensuite ceci : alors que beaucoup de gens semblaient avoir été fascinés, elle a vu une femme agitée être emmenée par son compagnon. Elle a engagé la conversation avec cette femme. Celle ci se disait aller très bien, être débordante d'énergie. Elle a aussi évoqué une étreinte dans la pièce entre deux personnes, ce dont Dorren et moi même n'avons pas été témoin.
Après l’entracte, nous avons vu les personnages discuter avec l'étranger. Il semblaient tous vouloir obtenir des choses de lui. Et dans la scène suivante, un bal masqué. Pendant que l'étranger, portant un masque d’os blanc, dansait avec raideur, les autres personnages autour de lui enlevèrent leur masque et entamèrent une danse folle, folie qui semblait peu à peu gagner la salle, de plus en plus bruyante. L'étranger a soudain pris le bras de la Reine qui s'est effondrée. Alors est entré, torche fumante à la main, un autre personnage, habillé en jaune et portant une épée - le Roi ? Là dessus, tous les personnages sont sortis de scène, marquant la fin de la représentation.
Quand les lumières se sont allumées, j’ai pu constater l’effet incroyable qu’elle avait pu avoir sur le public. Si beaucoup d’entre nous avaient gardé leur calme, certains étaient restés prostrés, tandis que d’autres ne cachaient pas leur colère. Certains étaient même prêts à en découdre ! J’ai pu user de psychologie pour calmer l’un de ceux là, et en sortir un autre de son hébétude, pendant que le personnel du théâtre s’occupait de ceux qui étaient les plus touchés dans le public.
Je crois que ce soir, j’ai été le témoin d’une véritable hystérie collective.


Dernière édition par Julien L le Mer 26 Avr - 23:55, édité 1 fois

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La lettre du docteur Highsmith

Message par Florent le Mer 26 Avr - 16:04

Asile St. Agnes,
Weobley,
Herefordshire

Vendredi 18 octobre 1928

Cher Docteur Mortimer,
Je m’excuse de cette lettre inattendue mais j’espère que vous me ferez la faveur de la
lire et ferez suite à ma demande. Cette lettre vous est adressée en tant qu’auteur de
l’article « Anxiété basique et insécurité ontologique » qui m’a beaucoup impressionné, si
je puis m’exprimer ainsi, particulièrement votre analyse du travail du docteur Karen
Hornay. Je suis le docteur en charge de l’asile St. Agnes du Herefordshire et je cherche
l’opinion d’un expert quant au cas d’un patient. Si je peux compter sur votre aide, voilà
un résumé des faits.
Le patient « W. » est un jeune homme de bonne famille sans emploi qui a consacré beaucoup
de temps à ses études personnelles avant son internement. Durant l’automne
1926, un terrible incident est survenu et le père et la soeur de W. ont été assassinés. W.,
très perturbé, a été envoyé à cet asile peu après, à la demande de son frère et sur le
diagnostic du médecin de famille.
W. souffre de scotophobie aiguë qui provoque des crises intenses d’anxiété temporaire. La
médication fait effet et je suis d’opinion que je pourrais recommander sa libération
quand la période d’internement obligatoire prendra fin, au mois de novembre. C’est ici
que le problème survient : le frère de W. me pousse à recommander de maintenir son
internement. Je suis surpris que nos rôles soient inversés dans ce qui est pourtant une
situation classique. La famille se montre étonnamment peu coopérative, sans que je
puisse en comprendre la raison.
J’espère que vous accepterez de me rencontrer afin que nous parlions de cette affaire.
Encore une fois, je regrette que cette lettre vous parvienne sans que nous ayons été
présentés mais mes plus proches collègues ne montrent pas d’intérêt pour la psychanalyse
alors que je crois que c’est le meilleur moyen d’examiner de tels cas. Il y a quelques
aspects inhabituels dans ce dossier et cette étude pourrait vous intéresser.
Je dois me rendre à Londres pour quelques jours à partir du 28 octobre. Je resterai au
Great Western Hotel. Vous pourrez me contacter à cet endroit si vous souhaitez me
rencontrer. Vous pouvez bien sûr amener un collègue ou un assistant si vous le souhaitez.
Votre tout dévoué,
Charles Highsmith

Florent

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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Julien L le Jeu 27 Avr - 2:17

Alors que nous sortions de la salle, encore sous le coup de l'effet produit par la pièce, nous sommes tombés sur la réception organisée dans le hall du théâtre. Il est vrai qu'il en avait été fait mention dans le tract qui m'avait amené ici. Nous y avons vu là l'occasion de nous remettre de nos émotions.
Mais c'était sans compter sur cette atmosphère lourde, tendue entre les spectateurs. Il semblait s'être installé une certaine méfiance des uns envers les autres, comme si on s'attendait à des cris, des violences, en écho à ce qui s'était passé dans le public. Je me suis surpris à surveiller moi même quelques convives du coin de l’œil.

Après quelques minutes sont arrivés les acteurs, un par un.
Nous avons pu avoir un entretien avec la Reine, Cécilia. Nous en avons profité pour la féliciter pour son jeu, bien au dessus ce ceux des autres acteurs - à part peut être celui de la princesse Cassilda. Mais il nous a semblé qu'elle était absente, comme perdue dans ses pensées, ses rêves. Ou était ce que nos questions sur la troupe avec qui elle jouait qui la gênaient ? Elle n'a guère manifesté plus qu'un étonnement lorsque nous lui avons parlé de la réaction de la salle.
Laissant la Reine à ses songes, nous sommes passés d'un buffet à l'autre pour finir par tomber sur l'Etranger, qui décrivait à la princesse, visiblement fatiguée, la réaction du public dans la salle. Je me suis permis d'interrompre cette conversation pour interpeller l'Etranger sur son rôle dans l'effet provoqué sur le public. Mais avant que celui-ci ne puisse formuler une réponse, la princesse nous a déclaré, d'une manière tout à fait anodine, que la pièce était maudite. S'il est vrai que l'ensemble m'avait paru troublant, j'avais du mal à comprendre ce qui avait pu l'amener à une telle conclusion. Elle nous a alors parlé de ses rêves perturbés, de moments dans la pièce qui s'y trouve, et d'autres qui n'y sont pas, d'une figure humaine qui appelle, qui convoque...
Devant son désarroi, Doreen lui a proposé de l'aider à prendre du repos avec un somnifère.
Sur ces entrefaites, un grand gaillard chevelu est entré en scène, si l'on peut dire. Talbot Estus, metteur en scène et auteur de la pièce. Il semblait vouloir communiquer sa bonne humeur à l'assemblée, mais il m'a semblé un peu trop nerveux pour y parvenir tout à fait.
Alors qu'il arrivait à notre niveau, la compagne de Porter a usé de ses charmes pour l'arrêter dans son élan. Il lui a expliqué que la pièce était l'adaptation du "Roi en jaune" et de "Der wanderer duch der se". "Corcosa est la demeure du Roi en Jaune, où les rêves deviennent réalité !"
Après lui avoir proposé de lui prêter les ouvrages, il s'est éloigné vers des mécènes.
Pendant que Talbot attirait l'attention, Doreen est parti en coulisse, et pas franchement discrètement. Elle m'a confié ensuite être entrée dans la loge, avoir discuté avec Princesse Cassilda le temps que le somnifère fasse effet, puis avoir fouillé la dite loge, sans rien avoir trouvé. Je ne sais pas vraiment ce qu'elle cherchait, mais elle a laissé mon numéro sur place... Je ne sais pas encore si je lui en veux, ou si je lui en sais gré.
J'ai surpris à deux reprises le metteur en scène se diriger vers l'entrée du théatre pour scruter les étoiles. A la troisième reprise, je l'ai suivi à l'écart et l'ai interpellé. Notre court échange, pas très concluant, m'a juste permis de tirer une conclusion : le gaillard est secoué, et profondément, à défaut de savoir vraiment ce qui lui arrive. Un futur pensionnaire de notre institut ?


Vendredi 18 Octobre 1928

J'ai reçu au courrier une lettre inattendue, à propos d'un cas particulier qu'on me demande de considérer.
Si je ne connais pas l'auteur de la missive, je dois dire que ses références à mon travail et ses descriptions du cas en question ont attiré mon attention.
Il doit passer à Londres la semaine prochaine. Je note dans un coin de me renseigner sur la personne, ce Monsieur Charles Highsmith, et l'établissement qu'il mentionne, avant notre rencontre.

Samedi 19 Octobre 1928

J'ai revu Porter. D'après lui, sa compagne, Dakota, a été marquée par la pièce de Jeudi. Elle a dévoré le livre "Le Roi en Jaune" pour en savoir plus, mais il semble que tout ce qui était important était dans la pièce.
Carcossa est la ville du Roi en Jaune, Asthur. Il veut prendre Itille, de la reine Cécilia.
Dans le livre en Allemand, Dakota a relèvé des passages parlant de Cassilda, la princesse et de Carcossa.

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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Julien L le Jeu 11 Mai - 2:30

Vendredi 25 octobre :
J'ai encore croisé Porter aujourd'hui.
La conversation toujours aimable de ce garçon nous a amené à évoquer la pièce que nous avons vu. J'ai appris que la demoiselle Dakota n'avait pas pu rendre les livres qu'elle avait emprunté car elle n'a jamais revu la troupe : après une première, marquante, à laquelle nous avions assisté, les représentations ultérieures de Carcosa ont été annulées.
Une chose en entraînant une autre, il m'a parlé de mes relations, moins artistiques que les siennes mais toutes aussi intéressantes. J'ai ainsi évoqué avec lui ma rencontre prochaine avec Highsmith, un directeur d’hôpital qu'il pourrait s'avérer intéressant de rencontrer. Peut-être fera-t-il la connaissance de personnalités productives ?

Lundi 28 octobre :
Aujourd'hui a eu lieu notre rencontre avec Charles Highsmith au bar de l'hôtel où il est descendu.
Il a eu l'air assez gêné au début de notre rencontre. Il faut dire que nous sommes arrivé à quatre. Mlle Dangerfield m'accompagnait, bien sûr, mais Porter était aussi avec moi, et lui aussi était venu accompagné de la ravissante Dakota. Sont-ce ses sourires, ou le bagou de son compagnon qui ont fait effet ? En tout cas notre bon docteur a fini par se détendre, et nous a expliqué toute l'affaire.
Il y a deux ans Alexander Roby, frère de Graham Roby - banquier d'affaires réputé, a été arrêté pour meurtre mais pas condamné.
Il a été interné par son frère et par le Docteur Trollop. Il est maintenant sujet à des terreurs nocturnes, mais aucun signe de folie n'empêche sa sortie de l'asile, tant qu'il suit sa prescription médicamenteuse.
Pour le Docteur Highsmith, c'est clair : soit il sort, soit c'est la maison de convalescence. Il a donc besoin de l'avis d'une tierce partie pour faire la part entre les desiderata de la famille et les conclusions du service psychiatrique. Lui même n'ayant pas de lien direct avec la famille, c'est le moyen le plus simple, en tout cas pour lui, de procéder. Je le soupçonne évidemment de ne pas vouloir entacher sa réputation si son diagnostique s'avérait inexact. S'opposer pour de mauvaises raisons à un londonien comme Mr Roby peut mettre un coup d'arrêt fatal à n'importe quelle carrière.
Mis à part cet exposé de son propre dilemme, Highsmith ne m'a rien appris, comme s'il connaissait moins bien son patient que ce qu'il aurait voulu montrer.
Si le cas est traitable par médicament, je ne vois pas, à priori, de raison de le garder en hôpital. Les lits ne sont pas faciles à trouver de nos jours.
Et puis, Highsmith a la loi pour lui... S'il ne m'a rien caché.
Faisant état de son départ le 30 octobre, mon confrère nous donné rendez-vous à la gare le mercredi matin afin de faire le voyage jusqu'en Herefordshire ensemble.

Tous autant intéressés les uns que les autres par l'affaire, nous avons ensuite passé l'après midi à la Bibliothèque afin de prendre quelques renseignements.
Nous sommes tombés sur un article évoquant le meurtre du 15 octobre 1926.
Le fils Alexander, seul sur place, avait été inculpé mais pas condamné, comme s'en était souvenu Doreen.
Le meurtre lui même, touchant une famille bourgeoise, était passé sous silence.
Il va nous falloir découvrir nous même si c'est Alexander, devenu fou, qui a provoqué la mort de son père et de sa sœur, ou si c'est le choc de ce qu'il a vécu qui l'a transformé. Ainsi je pourrais déterminer, après quelques entretiens, s'il est judicieux de le laisser sortir ou non.

Mardi 29 octobre :
Je ne suis pas homme à me laisser impressionner par les exactions d'un fou dangereux, ou par le traumatisme subit par un enfant innocent. Les horreurs du monde en font ce qu'il est, un paradis pour certains et un enfer pour d'autres. Mais je crois que l'effet de groupe agit sur moi comme un catalyseur. Comme Doreen, comme Porter, j'ai envie d'en savoir plus sur cette histoire. Même la belle Dakota semble intéressée, à moins bien sûr qu'elle ne nous accompagne que pour être aux côtés de Porter.
Quoi qu'il en soit, nous avons décidé d'en savoir plus à la veille de la visite du patient.
Nous nous sommes donc rendu au poste de police principal, où nous avons bien senti que nous n'étions pas exactement les bienvenus. Ils ont quand même fini par nous donner l'adresse du poste en charge de l'affaire.
Arrivés à celui là, Dakota use de ses charmes pour avoir des renseignements.
Nous avons rencontré l'inspecteur John Stephew, qui nous a parlé de l'enquête, bien que celle ci soit toujours ouverte, personne n'ayant été condamné.
Seul présent sur place, c'est bien Alexander qui s'est fait arrêté, mais il n'a jamais pu être inculpé. La violence des meurtres entrait en contradiction avec le profil d'Alexander.
C'était, selon les mots de l'inspecteur, une boucherie. Il manquait beaucoup de sang sur la scène de crime. Ça ne cadrait pas avec un type comme Alexander, d'autant plus que celui-ci était proche de sa sœur.
Graham était absent, mais son alibi se tenait.
Alexander n'a fait aucune déclaration intéressante.

Prenant congé de l'inspecteur, nous avons décidé de faire une visite surprise chez Graham Roby.
Son adresse nous a conduit à une grande et belle demeure, un manoir richement décoré, et avec goût selon ce que m'en dira par la suite Porter.
Nous avons rencontré Graham dans son bureau, accompagné de son secrétaire.
Lorsque nous avons expliqué les raisons de notre présence, il a semblé surpris. Gêné même, alors qu'il semblait apprendre que son frère devait sortir, selon l'avis du directeur Highsmith et selon la loi.
Il nous a semblé que Graham ne voulait pas nous donner trop d'informations. Tout à fait compréhensible compte tenu du caractère impromptu de notre visite et des nouvelles que nous apportions.
Il nous a quand même donné l'adresse du Docteur Trollop, ainsi qu'une lettre de recommandation auprès de la police.
La situation est donc plus étrange qu'elle ne le paraissait : si Graham n'était pas au courant de la sortie imminente de son frère, c'est donc que Trollop a pris de lui même la décision de s'opposer aux conclusions d'Highsmith. Graham n'y serait pour rien ?

Sur ces entrefaits notre groupe s'est séparé, non sans se donner rendez-vous le lendemain matin à la gare. Dakota nous a annoncé avoir d'autres projets, ce à quoi Porter n'a rien trouvé à dire. Y'aurait-il de l'eau dans le gaz entre ces deux là ?

Mercredi 30 octobre :
Notre petit groupe s'est donc retrouvé à la gare à 10H30.
J'ai évidemment pris soin de prévoir ma sacoche de médecin : des livres en rapport avec le cas, de quoi noter bien sûr, et de quoi faire assez de rêves en flacons pour 1 semaine.
À part nos valises pour quatres jours, j'ai été surpris de voir Porter avec un grand sac vide. Assez grand pour que je puisse y rentrer tout entier. Je n'ai par contre pas été surpris par la trousse de premiers soins de Dorenn. On dirait qu'elle s'attend à ce que je fasse une syncope d'un instant à l'autre.
Pendant le voyage, Highsmith n'a pas été d'une grande aide. Les quelques échanges que nous avons eu n'ont pas mené bien loin, ni du côté de ses patients, ni du mien. Par contre, j'ai bien compris qu'il était intéressé par sa propre personne, et par son devenir. Il n'a pas l'air de vouloir finir ses jours à diriger un hôpital. Il m'a semblé, à plusieurs reprises, qu'il enviait ma propre position.

Correspondance à Bristol, et arrivée à Hereforde à 16h30, où nous attendait un chauffeur de l'asile.
Ils nous ont d'abord déposé au village. Coopérative agricole, poste, pubs, pas de doutes : nous sommes bien loin de l'activité frénétique de Londres.
Nous avons trouvé deux chambres où nous avons laissé nos valises, puis nous sommes repartis en direction de l'asile.
Situé en haut d'une colline, à l'issue de deux kilomêtres de route bordée de murs, l'établissement dénote dans le paysage.
L'asile est organisé en L. L'aile administrative, à droite, est séparée de l'aile des patients par un hall. L'accueil a lieu dans le batiment administratif. Des casiers, des couloirs, rien de différent d'un établissement normal. Highsmith nous a conduit dans son bureau, où il nous a servit du thé. Là, il nous a expliqué ne pas pouvoir nous accompagner dans la celulle de Roby. Il nous a présenté son secrétaire (Mr Reeves) et un aide soignant (Mr Price). Doreen et Porter ont même eu droit au laïus habituel sur les comportements à adopter en présence d'un patient. Highsmith faisait de son mieux pour paraitre professionnel, donc. Je n'en doutais pas, mais son manque d'investissement... C'est ce qui fait la différence entre un praticien bon avec ses patients et un gestionnaire, un administrateur de cellules.

Nous avons accédé à l'aîle des patients par derrière, via la cour. Highsmith y a été abordé par Evans, un infirmier à l'air préoccupé. Il s'est vite fait rejeté par le Doc. C'est ainsi qu'il gère ses affaires après plusieurs jours d'absence ?
Nous avons donc rencontré Alexander. Blond, tranquille assis sur son lit, il faisait peine à voir, petite figure rachitique assise devant 5 adultes debouts devant lui. La pièce semblait exigüe.
Je me suis présenté, faisant un tour rapide de la cellule. Il y avait là des livres, signe d'un patient calme, et d'une équipe soignante attentionnée. Les titres, par contre, étaient plutôt déprimants. La seule réaction que j'ai obtenu du patient fut un nom. "Delia" ? Ce n'était pas le prénom de sa soeur, Georgina.
Le poussant un peu, j'ai eu l'impression d'interrompre ses rêveries. Il évoquait d'une voix pateuse son travail d'écrivain à la recherche de la vérité.
Pas besoin de beaucoup d'expérience pour voir que le patient avait été sédaté, ce que m'a confirmé l'aide soignant. C'était semble-t-il nécessaire à l'approche de la nuit. Je m'en suis voulu de ne pas m'être fait la réflexion moi même, Highsmith n'avait-il pas plusieurs fois évoqué ces terreurs noctunes ? Mais je lui en voulait aussi, il devait savoir que son patient n'était pas en état de répondre correctement à l'approche du crépuscule.
Malgré tout, j'étais là, alors je devait faire quelques choses. Sur "Les ennemis fantômes", j'ai pu lire des annotations, comme un rêve qui aurait été retranscrit.
Pour capter l'attention du patient, et avant que le produit ne soit tout à fait efficace, je me suis résolu à lire ces annotations personnelles à voix haute.
Ça a marché, mais je ne m'attendais pas à ça.
Dans un élan de satisfaction, presque de joie, il a dit travailler avec un certain Edwards, et un autre, Quarry.
Il m'a demandé si j'avais vu le signe jaune. Le roi. Le masque pâle. Ces seules évocations suffisent encore à me faire frémir.
Ne voulant pas l'interrompre, je n'ai rien répondu. Était-ce de la déception, ou le simple effet du sédatif ? Alexander n'a plus rien ajouté.

Alors que nous sortions de la chambre, Doreen est allée inspectée la porte voisine, puis a interrogé l'aide soignant sur le voisin d'Alexander. Il lui a appris qu'il se nommait Lucius Ariwell. Elle n'a pas répondu alors à mon regard étonné, mais elle m'a expliqué par la suite qu'elle avait remarqué un trou dans le mur, dissimulé par le lit, un trou menant à la chambre voisine.
Il faudra qu'on interroge ce voisin.
De retour dans le bureau d'Highsmith, j'ai pu lui faire part de ma frustration, ce qu'il a très bien compris, bien qu'il n'ait pas semblé en faire grand cas.
Je l'ai interrogé sur Edwards et Quarry. Alexander les aurait déjà évoqué, mais ils lui sont inconnu. Ce ne sont donc pas des personnes de l’hôpital, personnel ou patient.
Le docteur nous a confirmé ce que je pressentais : c'est plutôt l'infirmier Evans, qu'on a croisé plus tôt, qui s'occupe d'Alexander. Highsmith doit géré les 50 cellules de son établissement, il ne peux donc pas s'intéresser à tous les patients. Bien sûr. Le pauvre...

Rendez-vous a été pris pour le lendemain avec la voiture : elle doit venir nous chercher vers 13h. Au pire, on peut appeler l'asile, nous avons pris le numéro en cas de besoin.

Au cours du repas, Porter a essayé de reproduire la marque jaune. Même s'il semblait fier de ce qu'il avait dessiné, nous ne l'avons pas reconnue. Mais nous sommes tous d'accord, Alexander a parlé de la pièce que nous avons vu il y a quelques temps, basé sur l'oeuvre de Thomas de Casteine. Le masque pâle de l'Etranger, le Roi, la marque jaune... Tout concorde. Il pourrait être intéressant de pousser dans cette direction. C'est troublant, mais est-ce vraiment en lien avec ce qui nous intéresse ici ?
Porter, toujours à l’affût, a déniché au fin fond de cette campagne un artiste en devenir : le beau frêre du tenancier, peintre en bâtiment.


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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Julien L le Jeu 18 Mai - 0:46

Jeudi 31 Octobre :
Porter m'a raconté avoir fait un rêve. Il était dans une ville, entouré de monde, une clef à la main. De là, il s'est retrouvé dans un désert, où sont apparus des monolithes. Enfin, il s'est réveillé alors qu'il était attrapé par quelques choses.
Je l'ai rassuré, enfin je pense. Il s'agit classiquement d'une manifestation de son inconscient, réagissant à sa solitude actuelle. Freud a décrit ça mieux que moi dans son livre "L'interprétation des rêves", et si j'avais eu le temps j'aurai pu en parler avec Porter plus avant, mais je me suis contenté de lui expliqué que son indépendance actuelle lui faisait peur, qu'elle rimait avec abandon, les monolithes représentant les capacités à y faire face, mais ceux ci ne s'adaptent pas.
Je lui laisse le plaisir de faire le rapprochement, si je puis dire, avec Dakota, dont l'éloignement à l'air de perturber notre garçon plus qu'il n'aimerait. Je dirais même : plus qu'il ne croit le savoir.

Porter a rencontré le beau frère du tenancier du pub où nous sommes installés. Les négociations ont été fructueuses puisqu'une vingtaine de ses œuvres avaient l'air vendables. Porter en a acheté 2, et un nécessaire de peinture contenant les 3 couleurs primaires. De quoi permettre à n'importe qui de dessiner n'importe quoi.
En attendant 13 heures, et pendant que je visitais mes limbes blanches, Doreen s'est baladée. Elle a fait le tour du village - deux pubs, un magasin général, une coopérative agricole, ça n'a pas dû lui prendre bien longtemps.
Elle en a profité pour interroger les gens, leur demander leur sentiment sur l'asile. Les réponses qui lui ont été faite n'ont rien n'étonnant : ils ne comprennent pas qu'il soit installé près de chez eux. La peur du malade fait le même effet partout, même chez les bouseux.

À 13 heures, comme convenu, le chauffeur nous attendait. Reconnaissant un aide soignant, je l'ai interrogé sur Evans, qui se charge habituellement d'Alexander. Il m'a répondu qu'Evans était bon infirmier, mais sans plus de détail.
Lui même ne s'occupant pas de patients en particulier, il n'a pas pu être plus précis.
Arrivé à l'asile, nous sommes allés rencontré le directeur. Notre visite faisant suite à l'entretien abrégé de la veille, il n'avait rien à ajouter de particulier.
Nos discussions ont tout de même permis d'en savoir plus sur le voisin d'Alexander : Lucius Ariwell. Soupçonné d'avoir tué un infirmier, Yates, sans famille, avec des couteaux. L'individu divague longuement, et est parfois violent.
Après nous avoir confié aux bons soins du même aide soignant, le directeur nous a congédié.
Après avoir quitté le bureau, nous avons croisé Evans.
Interrogé sur Alexander, il nous a dit lui avoir fourni les poèmes d'Arlington Robinson à la demande du malade. Edwards et Quarrie ne disent rien à l'infirmier. Delia non plus.
Infirmier Rees. Impact du meurtre / Alex ? => a revoir.
Lorsque nous sommes enfin arrivés à la cellule d'Alexander, nous avons retrouvé en meilleure forme notre malade. Perdu, frêle, mais intelligent.
Au bout de deux échanges, il est apparu évident qu'il se prend pour Arlington Robinson, l'auteur de nombres de livres présents dans sa chambre.
Nous l'avons interroger directement sur le Roi en Jaune. Le secrétaire nous a manqué, mais voici ce que j'ai noté :
"Le roi jaune se fait appeler l'acolyte blond".
"Pour diriger l'attention du Roi ailleurs que sur la terre, il doit penser à la chanson de Cassilda".
Là dessus, il a entonné le chant de la Reine, le même chant que celui qui nous a été donné d'entendre à Londres.
Mot pour mot.
Le confrontant à son identité de poète, le sujet m'a dit écrire sous un pseudonyme. Intelligent disais-je. Les dates des livres semblent concorder.
Là dessus, Porter lui a confié sa peinture. Nous avons eu le droit à une marque jaune un peu ratée (mais comment était-elle, déjà ?), un masque blanc comme celui de l'Etranger.
Il nous a ensuite demandé de peindre sur le mur. C'est l'erreur que j'ai commise. Ses traits ont vite représenté une ville. "Carcosa", nous a dit Alexander.
Je l'avais perdu. Plus de réaction, complètement perdu dans son dessin. J'ai dû demandé à notre aide soignant, qui n'attendait que ça, de lui injecter un calmant.
Porter a reproduit le dessin du mur, et pris les autres.
Pendant qu'Alexander se reposait, et que notre aide soignant lavant le mur en nous maudissant d'une manière à peine voilée, Doreen a tenté de discuter avec le voisin par le trou dans le mur.
Sans succès.

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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Julien L le Mer 14 Juin - 20:20

Comme j'ai perdu mes notes, je laisse ici les quelques souvenirs qu'il me reste.

Le soir du 31, nous sommes repartis à Londres en faisant une escale à Hereforde. Nous y avons rencontré l'inspecteur en charge de l'enquête sur le meurtre perpétré dans la chambre de Lucius Ariwell.
Il a bien voulu s'ouvrir à nous grâce à une lettre de recommandation que nous avait laissé le directeur de l'asile, en échange de notre discrétion.
Ce meurtre avait été très sanglant. Deux couteaux appartenant à la cuisine de l'établissement ont été retrouvés sur place. De la chambre où reposait le corps de l'infirmier Yates, des traces sanguinolentes ont pu être suivies jusqu'à la buanderie, où un uniforme d'infirmier a été retrouvé. Notre sentiment que Lucius Ariwell n'y était pour rien était confirmé : il y avait une troisième personne dans cette cellule au moment du meurtre.
Arrivée à Londres sans encombres.

1 Novembre :
Doreen était de congés en ce jour férié, j'ai retrouvé Porter et sa compagne américaine. Nous l'avons informé de nos découvertes auprès d'Alexander, et surtout de ce lien avec la pièce de théâtre qui nous avait tant impressionné.
Nous avons décidé de rendre visite au Docteur Trollop.
Nous nous sommes rendu dans sa maison, richement décorée. Il nous a dit avoir été le premier sur les lieux à avoir découvert les corps. L'état des corps n'a laissé aucun doute au Docteur : c'est selon lui la faute d'Alexander, devenu fou. J'ai réussi à le convaincre que, si folie il y avait eu deux ans auparavant, il semblait maintenant tout à fait pacifique, passant sous silence son besoin irrépressible de s'exprimer à propos du Roi en Jaune. Je pensais l'avoir convaincu, mais pas totalement. Il avait l'air troublé, agité, presque inquiet, comme s'il avait reçu des menaces.

2 novembre
Nous sommes allés visité Delia, l'ancienne compagne d'Alexander, grâce à l'adresse fournie par Trollop.
Tombant sur sa mêre, pour qui Alexander n'était pas vraiment un homme comme il faut, elle nous a donné la nouvelle adresse de Delia.
Nous y rendant, nous avons compris qu'elle avait refait sa vie. Nous l'avons trouvé à sa nouvelle adresse, la maison des Williamson (?).
Son attitude nous a fait comprendre que notre visite à l'improviste n'était pas la bienvenue. Elle ne semblait pas encline à nous faire rentrer, et son comportement semblait indiqué une inquiétude au sujet de ce qu'en penseraient les voisins/voisines.
Elle nous a donné rendez-vous dans un lien public, un peu plus tard.
Là, elle a parlé d'Alexander. Il se sont rencontrés par le biais de leurs goûts communs en matière de littérature et d'occulte.
Elle nous a fait part des réunions qu'il tenait dans une petite librairie, avec 3 ou 4 autres individus, dont Edwards, Quarry et Callum (?), un individu louche qui avait semblé violent à Delia.
Elle a aussi évoqué les écrits de son ancien compagnon, dont un livre qu'elle a par la suite confié à Doreen : "Le passant près du lac", qui n'est autre que la traduction, partielle, en anglais, du livre en allemand que Dakota s'était procuré auprès d'Estus, le meneur de la compagnie qui avait joué "Carcosa".

Nous nous sommes ensuite rendus au théatre, où nous avons voulu rencontrer le directeur afin d'en savoir plus sur la troupe de théatre.
On nous a fait comprendre qu'il n'était pas disponible à ce moment là, qu'il nous fallait revenir en soirée.

Après le théatre, nous avons été à la bibliothèque.
Nous avons fait des recherches sur Alexander Roby. Nous avons trouvé un livre signé "AR" sur l'élevage des chiens.
Doreen a profité de ce moment pour lire le livre "Le passant près du lac". Ouvrage d'une centaine de pages, imprimé à [adresse à Londres] , il est constitué de 2 actes. Il rapporte des rêves. Il évoque le pouvoir du rêveur, aussi appelé "le Roi", ou "Kaïwan" (?)
Il fait aussi état de longues périodes sans rêves.
A la fin de l'acte 2 est décrite une visite de Carcosa, ville utopique, idyllique.
Le lac dont il fait mention semble nommé "Hali".
L'acte 3 serait un voyage à Carcosa, mais celui-ci n'a jamais été écrit.
Comme il restait beaucoup de passages en Allemand, Dorenn s'est renseigné auprès de la bibliothécaire. Celle ci avait un contact qui pourrait nous aider. Doreen a laissé son adresse.
Nos recherches sur Thomas de Castègne, auteur du Roi en Jaune, nous ont appris qu'il s'agissait d'un astronome qui aurait notamment rencontré Nostradamus. On lui accorde peu de crédit.
Edwards, nous avons trouvé un autre à ce nom. Compositeur de poêmes dans le registre du bien être, étudié dans les lycées. Peut-être aucun lien avec notre affaire.
Lorsque nous avons voulu en savoir plus sur Arlington, la bibliothèque fermait. 18h00 déjà.

De retour à la maison, je fus hélé par un voisin, dont je connaissais l'intérêt pour les allées et venues des uns et des autres. Il m'a appris qu'un chauffeur de taxi s'est renseigné sur moi. Grand gentilhomme, cheveux noirs. Sa description nous a rappelé un homme qui avait semblé nous suivre la veille, sans qu'on ait réussi à en savoir plus.
Le repas à la maison a été préparé par Doreen. Succulent, comme souvent.
De retour au Théatr, nous avons vu le Directeur affairé au guichet. Pas vraiment le moment de l'interrompre.
La pière qui se jouait était un classique : le Roi Lear.
Entracte d'Estus (?)
Fin de la pièce. Nous avons reconnu un couple dans le public qui avait assisté à Carcosa. Porter fait connaissance, et échangé des cartes de visites, toujours à l'affut de nouveaux clients.
Doreen, rentrant chez elle, a été prévenue par la voisine qu'un homme grand, brun, cheveux longs, cherchait après elle.

3 novembre
Nous nous sommes retrouvés à la maison familiale des Roby. Belle demeure géorgienne, beau quartier. Sauf que ce n'était plus chez les Roby, mais chez les Whooping (?). Le domestique qui nous a reçu, en lien avec ceux qui s'occupaient des Roby, nous a conseillé d'interroger les autres domestiques. La cuisinière travaille toujours chez Graham. Les autres domestiques, comme la femme de ménage Mlle West, et Lowell le majordome ? Rdv à 19h00 pour avoir des infos.
10h : chez Graham. La cuisinière nous apprend que Lowell, le majordome, a trouvé les corps.
C'était en fin de journée, les domestiques faisaient une pause ensemble. Un sifflement aigüe a été entendu 5 minutes avant, puis un grand vacarme a alerté le personnel de maison. Le majordome est monté et à trouvé les corps. Sur place, la porte fenêtre était dégondée de l'extérieur.
Madame Roby est décédée il y a longtemps d'une longue maladie.

Quittant la demeure de Graham, nous avons décidé de nous rendre à la police pour confronter les témoignages avec les conclusions de l'inspecteur en charge de l'enquête.

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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Julien L le Jeu 22 Juin - 10:59

Inspecteur Stephens nous donne accès au dossier
soeur tué de 2 coups , gauche droite puis droite gauche. Beaucoup de force
probablement une hache.
Piste / Alexander Héritage ? 45% Graham, 20% soeur, 20% Alex + 15% s'il se marie avant 40 ans
Piste / cercle de cultistes pas creusée.
Père blessé sous clavicule  gauche. Sang manquant.
Notification à l'inspecteur qu'on est suivis.
Demande de retour du sifflet au QG.
Inspecteur soupçonne que Délia ne dit pas tout.
12h repas.
Grand, brun, ressemblant à la personne qui nous suivait, cherche des ennuis à Doreen, puis la menace.
On attend dans un salon de thé qu'il sorte du restau.
Suivi du bus, jusqu'à Liverpool road où se trouve la librairie.
Il va jusqu'à une maison, frappe à l'avant porte. Quelqu'un vient ouvrir. Corpulent, barbu, 40 ans, cheveux longs, chatain.
Plaque => Laurence Bacon - Librairie / antiquités
2 groupes de 2. Porter reste devant avec Dakota.
Nous allons derrière avec Doreen. Terrain derrière à l'abandon, ceint d'un mur en béton avec porte en barreaux. Porte derrière la maison.
Retour devant la maison. Planque.
Le grand brun sort, on le laisse passer. Librairie, Doreen tape à la porte, selon un code particulier qu'elle a retenu. "C'est pour Alexander, on est là pour l'aider".
=> sur rendez-vous. Prend ma carte.
Prochaine visite => Délia.

14h30, toujours ce dimanche 3 Novembre. Décidemment, quelle journée !
Nous nous sommes donc rendus chez Délia, où nous avons été accueilli par son mari, un homme de toute évidence jaloux et possessif. Nous avons posé une question à Délia à propos de Laurence Bacon. Elle nous a confirmé que c'était l'instigateur de la célébration dans le Sufolk, celle au cours de laquelle Délia nous a dit s'être disputée avec Alexander. Devant l'attitude détestable de son mari, nous avons bien compris que nous devions écourter notre entretien. Nous avons quand même voulu confirmer nos soupçons. Nous avons décrit à Délia le grand type brun au visage coupé à la serpe qui avait menacé Doreen un peu plus tôt. Elle y a reconnu Kurtz.
À notre arrivée à 16h12 chez Trollope, nous avons été surpris de trouver un gendarme en faction à l'entrée.
Nous avons appris que le Docteur était mort la veille, tué lors d'une promenade nocturne.
Nous sommes arrivés alors que l'inspecteur interrogeait la cuisinière, Mme Hugues. Nous avons attendu dans le bureau du Docteur. Pendant que Dakota usait de ses charmes sur le gendarme chargé de nous surveiller, nous avons fouillé le-dit bureau, mais en vain. Nous nous sommes ensuite entretenu avec l'inspecteur Andrew Taylor. Le Docteur a été hier soir dans le parc St James par un vendeur de journaux. Le pauvre a été poignardé en plein cœur au cours d'une ballade nocturne qu'il avait l'habitude de faire.
Vers 17h00, nous avons accompagné Mme Hugues pour voir le corps. Nous avons bien reconnu le malheureux. Un lacet de cuir a été retrouvé sur place, mais pas le pendentif qu'on s'attend à trouver enfiler dessus.
À 19h00, nous avons respecté notre rendez-vous à la Maison des Wooping, où nous avons retrouvé le maître d'hôtel. Il nous a donné les adresses et employeurs des Majordome Lowell / Cuisinière Vetch / Valet Dodd / Femme de ménage West.


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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Florent le Ven 23 Juin - 15:57

La lettre posthume du docteur Trollope au docteur Mortimer :

126, Long Acre
Londres, W C2
Le 1er novembre 1928
Cher Monsieur,
Je vous écris rapidement suite à notre rencontre. Je vais être très franc et je m’en excuse par avance. Je ne suis pas certain des motivations du docteur Highsmith dans ce dossier mais je ressens votre curiosité dans laquelle j’ai décidé de placer ma confiance. Je me trouve dans le besoin de me libérer de choses que j’ai tues. J’hésite à mettre cela sur papier mais je vais néanmoins m’exécuter. Contrairement aux apparences, je désire aider Alexander. Son père était un de mes bons amis, que je connaissais depuis l’enfance. C’est un jeune homme gentil et décent qui, je pense, a été desservi par certaines circonstances.
Je vais vous parler de ma première visite à Alexander à St. Agnes en juin 1927. Le docteur Highsmith m’a dit qu’il ne prenait pas de médication et qu’il était lucide, ce que j’ai constaté de visu malgré quelques périodes de confusion. Néanmoins, sa conversation était étrange. Il ne ressemblait plus au jeune homme que je connaissais. Dans notre discussion, un des rares points qui avait du sens se référait au livre qu’il avait écrit et, dès mon retour à Londres, j’ai entrepris d’en chercher une copie. Vous devez peut -être savoir qu’il y a cinq ou six ans, Alexander a publié un livre intitulé Le passant près du lac. Je ne l’avais jamais ouvert auparavant, je pensais que ce n’était pas une lecture des plus faciles. Mais, bien que le contenu soit bizarre ou intrigant, quelque chose a retenu mon attention. Certains mots ou phrases m’ont rappelé ma discussion avec Alexander à l’asile et j’ai pu constater que ses écrits semblaient être la base de son affliction. Étrangement, des sections du récit étaient en allemand : j’ai transcrit et traduit ces passages.
Ma seconde visite à Alexander se déroula six mois plus tard, juste après Noël. À cette occasion, il était sous sédatif et donc peu communicatif. Anxieux à l’idée que mon voyage ne porte pas ses fruits, j’ai pensé tenter une expérience. J’avais apporté certains papiers avec moi, des transcriptions de son livre, et j’ai commencé à lire à voix haute les passages en allemand dans cette langue. Je ne suis pas sûr de ce que j’attendais, je suppose que je cherchais simplement une quelconque réaction. Je butais sur les phrases, je ne suis pas doué pour les langues, mais pourtant Alexander a réagi.
Il récitait le texte en même temps que moi et, pendant ce temps, je me suis arrêté pour tenter d’engager la conversation avec lui. Ce qui survint alors est difficile à raconter.
Il continua à parler et je pouvais voir qu’il était particulièrement excité. Alors, je lui ai mis la main sur l’épaule. Au moment où je le touchais, je me suis senti très faible puis je me suis retrouvé étendu sur le sol. J’étais inexplicablement paniqué. Le directeur de l’asile était agenouillé près de moi pour me prêter assistance tandis qu’Alexander était debout à ses côtés.
Son visage était tel qu’auparavant et très triste : « Je suis vraiment désolé, docteur. Je ne peux pas changer ce que vous avez vu. » Soudain, je me suis rappelé de quoi il parlait, et des mots qu’il avait eu pour décrire ce qui s’était passé à la saint-Sylvestre 1925 dans un village du Suffolk appelé Clare Melford.

Je vais vous dire que je pense qu’Alexander sait comment son père et sa sœur sont morts et que leur décès est le résultat d’événements impliquant une ou des personnes qui se servent de lui. Il semble qu’Alexander soit plus particulièrement sous l’influence de M. Lawrence Bacon. M. Bacon est un antiquaire qui tient boutique sur Liverpool Road à Islington, face au Fever Hospital il me semble ; mais je crois que c’est aussi un occultiste. Cette information m’a été rapportée par le frère d’Alexander, Grahame, qui avait embauché un détective privé de Wapping, un certain Vincent Tuck. Je pense qu’Alexander voudra rejoindre M. Bacon dès qu’il sera libéré. Je dois mentionner que je suis sûr que cette affaire n’a rien à voir avec la relation entre Alexander et Mlle Hartston, quoi qu’on ait pu vous en dire.
Je sens que j’ai fait ce qu’il fallait en partageant ce que je sais, bien que je doive vous demander d’agir avec discrétion, pour le salut de la famille d’Alexander autant que pour votre sécurité. Je vous incite à lire le livre et à me contacter à votre plus proche convenance. Je vous en dirai plus sur les raisons pour lesquelles je soupçonne M. Bacon, si vous consentez à me rencontrer de nouveau.

Je dois aussi vous rapporter ce que j’ai vu dans cette petite cellule à l’asile. Tandis qu’Alexander parlait, je n’étais plus dans la cellule. Je marchais dans St. James Park, je venais de franchir le petit pont suspendu au sud du lac et je regardais les bâtiments sur White Hall. Je fais cette promenade presque chaque soir depuis trente ans et tout était exactement tel que cela devait être.
Je sais qu’il ne s’agissait pas d’un rêve. Tous les détails correspondaient. Les colverts s’agitaient sur leur île et j’entendais le camelot vendre ses journaux à la criée. Le soleil se couchait.
Je cherchai un penny dans ma poche pour acheter le Standard et j’entendis à ce moment des pas étouffés derrière moi. Je me retournai. Je vis un homme aux traits saillants assez grand et ses yeux croisèrent les miens. « Restez tranquille monsieur » dit-il, puis je sentis une douleur aiguë et je tombais. Il me soutenait tandis que je m’accrochais à lui. Je fermai les yeux et quand je les rouvris, je vis le ciel. Le visage du camelot était au-dessus de moi. J’essayai de dire quelque chose pour le rassurer, sans y arriver. Puis, plus rien. Le Seigneur m’avait rappelé.
J’espère avoir de vos nouvelles bientôt.

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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

Message par Julien L le Jeu 6 Juil - 3:02

J'ai trouvé la lettre du Docteur Trollope ce lundi matin, 3 novembre 1928.
J'en ai parlé à Doreen avant de me rendre à l'institut. Après une semaine sans y être passé, et devant l'étrangeté de ce cas, il me fallait un entretien avec l'administrateur. Nous avons convenu que je passerai une demie journée tous les jours à mes obligations. Il n'est pas contre une étude en lien avec une riche famille Londonienne, mais j'ai bien compris qu'il ne voulais pas avoir à s'occuper de la paperasse liée à mes cas actuels. J'ai donc passé la première moitié de la journée à l’hôpital, à faire le point avec l'équipe et les patients.
J'ai bien vu que Doreen était de plus en plus emballée par l'affaire des Roby. Et la lettre n'a rien fait pour la calmer. Je l'ai donc libérée de ses contraintes, la pauvre avait tellement la tête ailleurs qu'elle ne m'aurait été d'aucune aide de toute façon.

J'ai appris plus tard que Doreen a donné rendez-vous à Dakota en début de matinée, Porter étant occupé à sa galerie.
Les filles sont allées voir au parc, près du petit pont évoqué par l'inspecteur, dans le but de trouver le camelot. Mais les vendeurs de journaux du soir ne travaillent pas le matin, jeunes écervelées... Elles sont donc reparties bredouilles.

Direction Wapping. Avant, sans doute refroidies par le temps et leur échec, elles ont pris un thé. Elles ont profité de l'annuaire de l'établissement pour noter l'adresse du détective privé engagé par Graham pour enquêter sur son frère.
Elles sont arrivées devant une petite porte, qui s'est ouverte sous les coups, surement délicats, de Doreen. Le bureau de Vincent Tuck m'a été décrit par Dakota comme "un trou à rat puant. Un rat adepte de gin." Les négociations, la séduction (c'est du moins ce que j'ai compris de Dakota quand elle parle de ses "arguments" avec ce regard là), et même le marchandage ont été nécessaires pour accéder au dossier de l'enquête.

Tuck a été embauché par Graham en novembre 1925 pour suivre son frère Alexander. Il a assisté à ses rencontres chaque nuit à la librairie que nous connaissons. Son contact sur place, aux cheveux gris, ne correspond pas avec le brun barbu que nous avons vu hier. Alexander restait parfois tard la nuit avec un autre homme - 35 ans, bien rasé, mince et grand. L'inspecteur serait rentré dans la boutique, et y aurait vu que les livres vendus sortaient de l'ordinaire.
Alexander aurait aussi rencontré un autre homme durant ces réunions, un scientifique pour la Royal Society, Mr Quarry. Il a notamment passé avec lui du temps dans la salle de lecture du British Museum.

Le privé a mis fin à l'entretien, en disant devoir rencontrer quelqu'un au pub. Les filles ont attendu son départ, puis sont retournées au bureau. Doreen a tenté d'enfoncer la porte, mais a dû très mal s'y prendre : elle s'est blessée violemment. Dakota l'a aidé à aller à l'hôpital, puis est venu me prévenir.

Après avoir été visiter Doreen pour m'assurer que la petite n'aurait pas besoin d'être remplacée, Dakota et moi sommes partis voir Graham. Nous avons alors été informés qu'il n'était pas chez lui, mais qu'il devait rentrer dans la soirée.
Nous avons ensuite pris le thé, où j'en ai profité pour informer Porter des événements par téléphone.

Vers 17H30, nous nous sommes rendus au parc où nous avons trouvé notre vendeur de journaux. Il nous a décrit l'agression, avec notamment la présence d'un témoin.
Lorsque nous avons donné la description de Koontz au camelot, il y a reconnu l'agresseur de Trollope.
Dans ce môme, j'ai reconnu l'expression des petits gars écrasés par la vie, qui font tout ce qu'ils peuvent pour s'en sortir honnêtement mais qui profitent de toutes les occasions. Nous l'avons donc poussé un peu pour savoir si, par hasard, il n'aurait pas trouvé quelque chose sur le corps ou non loin.
Et c'est ainsi que nous avons acquis le sifflet.

Julien L

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Re: Appel de Cthulhu - Les Oripeaux du Roi

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